« Un monde transi de signes »

De l’abeille au zèbre de Philippe Jaffeux et Le tombeau de Jules Renard (et autres haïkus) d’Ivar Ch’Vavar ont paru presque simultanément au printemps de cette année 2023. Ces poètes ― qui sont camarades ― publient ici des recueils étonnamment proches en première analyse. Tous deux peuvent être caractérisés de manière concise comme des « formes courtes ayant pour sujet le règne animal ». On pourra avancer que les aphorismes enchaînés continûment de A à Z de Philippe Jaffeux reposent sur un formalisme bien différent des tercets d’Ivar Ch’Vavar. C’est oublier que les Japonais écrivent leurs haïkus sur une seule ligne. Les différences résident ailleurs et l’on verra combien lieux de la prise de parole poétique et enjeux de celle-ci diffèrent.

Le tombeau

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Le « tombeau », genre littéraire ancien, est une forme d’hommage fait à un auteur disparu. Le plus connu est sans doute Le tombeau d’Edgar Poe de Mallarmé, mais en général un tombeau réunit des poèmes de nombreux auteurs témoignant chacun de leur respect au pair disparu — Ivar Ch’Vavar peut tout à fait se revendiquer de cette tradition collective, lui qui a écrit sous un nombre impressionnant d’hétéronymes ! Il s’adresse au Jules Renard fin observateur du monde animal dans ses Histoires naturelles (1894), à la science zoologique datée mais au regard à la fois lyrique et amusé qui est resté très séduisant — notons que le premier texte des Histoires naturelles est intitulé « Le chasseur d’images », or l’image et la manière de la faire naître sont au cœur de la poétique d’Ivar Ch’Vavar. Je renvoie le lecteur à la préface que Laurent Albarracin consacre à cet aspect en ouverture (!) du Tombeau de Jules Renard. Ces textes s’inscrivent donc dans une tradition naturaliste occidentale, mais aussi dans celle du haïku, forme courte où la nature est thème privilégié, notamment le monde animal (le plouf de la grenouille de bashô est emblématique de cet art de l’instant). Reste que le poète n’écrit pas ici selon les codes stricts du haïku. Il crée des tercets libres hors ces contraintes-ci. En bas-de-casse et simplement ponctué d’un point final, souvent articulé autour d’un tiret d’incise, chacun est consacré à une bête commune (âne, bélier, cheval, hanneton, écureuil, poule…) croisée au bord du chemin ou chez l’écailler du coin (huître, carrelet, crabe, baudroie…). La contrainte à laquelle l’auteur se soumet est celle du jaillissement du réel en peu de mots — qui relève de fait de l’esprit haïku.

L’alphabet

L’ouvrage de Philippe Jaffeux réunit 499 courts poèmes-phrases consacrés à 499 animaux, des plus communs aux plus exotiques, classés de A comme abeille à Z comme zèbre, sans saut de ligne, simplement séparés par quelques espaces et amorcés par une capitale. La forme est celle d’aphorismes (un seul verbe au présent de l’indicatif) auxquels est bien souvent rattachée une tonalité politique et environnementale. Cet alphabet animalier (objet linguistique ô combien culturel, à la fois enfantin et sophistiqué), s’il est souvent joyeux, est aussi un long chant continu (l’impression d’une portée musicale ininterrompue est patente lorsque l’on feuillette l’ouvrage), un mantra égrainant les noms des 499 noms des bêtes choisies par le poète, voyage immobile dans l’encyclopédie du règne animal au son d’une prière aux morts (nombreuses sont les espèces disparues ou en voie d’extinction dans cette litanie).

Animaux poétiques et poèmes animaux

Le tombeau de Jules Renard, d’Ivar Ch’Vavar

la baudroie
sa gueule c’est l’entrée du cirque –
lampions flamboient, fanions qui claquent
on s’engouffre dans un trou noir.

l’escargot
sur le faîte du vieux mur – l’escargot
aussi lent que sur l’arête
de la jeune mer – ce cargo

l’huître
poussé l’huis – un boudoir étrange
l’huître, un divan profond – quelques fois
une lampe ronde – luit.

la taupe
cette mitaine dans l’herbe… perdue ?
je la retourne et il en sort
quatre petites mains humaines.

Ivar Ch’Vavar nous mène en une promenade champêtre, comme on l’a dit, dans le projet de l’observation naturaliste de l’animal, in vivo, tel un Jules Renard moderne. L’enjeu de l’écriture est la projection du résultat de cette observation dans le langage et la cristallisation d’une image porteuse d’un effet de réel chez le lecteur. La tension poétique est orientée de la nature vers la culture des hommes où elle s’expand avec malice, l’auteur jouant sur les sonorités (huître/huis/luit, escargot/ce cargo, fanions/fanons…), voire la morphologie du mot (l’accent circonflexe de faîte et arête symbolisant « la maison sur le dos » de ces deux mots), et bien sûr la métaphore (cavité buccale/chapiteau, lanterne du poisson des abysses/lampion de fête foraine, bave/mer, mur/vague, perle/lampe…). Ce sont des animaux rendus poèmes, des poèmes animaux. L’image résulte ici de la rencontre entre nature et monde des hommes, deux registres que l’on oppose traditionnellement et que le poète mêle habilement en un contenu métaphorique riche.

Ainsi, dans le poème La taupe, le fin pelage de l’animal rappelle le velours d’une mitaine tombée au bord du chemin (de couleur… taupe), confusion qui provoque la surprise lorsque se révèlent les quatre mains de l’animal contre les cinq doigts attendus d’un gant. La métaphore dans la métaphore (les petites mains de la main) a une assise à la fois morphologique et culturelle, inscrite dans le folklore paysan. Par exemple : « La forme quasi humaine des pattes de la taupe a suggéré des légendes qui la représente comme un personnages ayant éprouvé une métamorphose. On dit en Forez que Dieu, pour punir les fées qui s’étaient révoltées contre lui, les changea en dardons ou taupes, et les condamna à ne jamais voir le jour. C’est pour cela que les pattes de la taupe ressemblent à de petites mains. (…) Aujourd’hui on croit que les ravages commis par elles dans les potagers sont l’œuvre d’anciennes fées. » (Paul Sébillo. Le Folk-Lore de la France, tome III, la Faune et la Flore, 1906). Citons également la « main taupée », main guérisseuse, etc.

Le pouvoir évocateur des images est remarquable, elles sont pleines de drôlerie, souvent à double fond lorsque la figure humaine se fraye un chemin dans le monde animal :

La cane
elle se rend au rivage avec
sur la hanche son panier de linge
qu’elle bascule dans l’eau

De l’abeille au zèbre, de Philippe Jaffeux

Des coquilles saint-jacques archivent l’évolution diabolique de notre climat     La terre prend la forme d’un hérisson qui défend chaque résurrection du soleil     Le cœur d’une huître bat au rythme d’un silence qui muscle la saveur de la mer     La fureur souterraine d’une taupe aveugle un monde enterré sous sa frivolité (…)

La poétique de Philippe Jaffeux prend ici résolument source dans le langage. En encyclopédiste, il jongle savamment entre les sources (proverbes, folklore, sciences naturelles et zoologie, cosmologie, symbolisme, lexique), qu’il condense en quelques mots. Des 499 poèmes-animaux du recueil il semble impossible d’épuiser la richesse de l’intertextualité. Essayons quelques pistes pour ces quatre-là. Les stries de croissance de la coquille des saint-jacques sont effectivement des bio-indicateurs des perturbations de l’environnement océanique. De ces perturbations majeures (pollution, réchauffement climatique…), c’est bien ce diable d’homme le responsable ; aussi, le pont du Diable est un passage obligé du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle par la Voie d’Arles et, sur la route, un plat de saint-jacques à la diable restaurera le pèlerin. Les Perses voient dans les piquants du hérisson en boule la symbolique des rayons ardents du soleil, tandis que sa sortie d’hibernation en fait un messager de résurrection en Mésopotamie. C’est une expérience de science naturelle appliquée tout à fait simple que d’observer le cœur battant de l’huître, pour peu qu’on lui ait gardé son eau, petit échantillon salé du monde du silence. Quant à la taupe, les vieux traités de zoologie soulignent la férocité des combats entre mâles et l’auteur fait peut-être allusion aux pratiques des chamanes celtes qui voyaient en la taupe le symbole de l’exploration des profondeurs de l’âme, bien opposée à la frivolité du clinquant que la société de consommation propose en modèle.

Envisager et naviguer ainsi à rebours dans ces sources multiples est une pratique délicieuse. Rendues miscibles elles se mélangent dans l’alambic de l’écriture de Philippe Jaffeux. C’est bien d’une extraction de l’essence de l’animal qu’il s’agit. Les mots se condensent en la bête. Mais l’alcool distillé par l’auteur est bien souvent plein d’amertume et l’aphoriste se fait moraliste contemporain dans son adresse au lecteur : vois comme le monde vivant se meurt. Le miroir de la langue s’ouvre sur l’horizon sombre de la planète. Ici, la tension poétique est orientée de la culture vers la nature. Les poèmes se font animaux, ils sont animaux poétiques témoins d’une biodiversité qui s’érode.

Le sacarabée bousier

Comparons, pour essayer d’aller plus loin, les deux poèmes que ces deux auteurs consacrent au bousier.

Le Tombeau de Jules Renard  :

le bousier
il se déhanche, titanesque
pousse, pousse – une nouvelle planète
(il l’a faite !) roule dans la nuit.

Pour écrire son poème animal, Ivar Ch’Vavar, le nez dans l’herbe, observe un bousier. Ce qui le frappe, et nous frappe, est la puissance que l’insecte déploie dans son travail de titan (rouler une boule d’excrément jusqu’au terrier où elle nourrira ses larves). Le plus célèbre des Titans du premier panthéon grec étant Atlas, l’image jaillit du géant portant le monde. Le petit animal se voit dès les premiers mots anthropomorphisé (car ce n’est qu’ainsi qu’un arthopode peut se « déhancher », semble-t-il) et, dès lors, est projeté dans les mythes cosmologiques des hommes, où roulent les planètes. On peut schématiser comme suit ce processus d’expansion du réel dans le langage et de cristallisation culturelle de l’image.

De l’abeille au zèbre :

La voie lactée guide une constellation de bousiers qui nettoient une planète perdue

Le point de départ de Phillipe Jaffeux, qui aime la biologie et s’appuie sur de nombreuses données scientifiques dans cet ouvrage, est possiblement cette étude de zoologues suédois et sud-africains (Foster, et al., 2017) qui a su démontrer qu’une espèce africaine nocturne de bousier (Scarabaeus satyrus) se fie aux points lumineux de la Voie lactée pour fixer la direction du déplacement de sa pelote d’excréments, l’éloignant ainsi plus sûrement de la bouse d’origine et donc des prédateurs et concurrents potentiels. Quand il porte son regard vers le ciel étoilé et y crée une constellation imaginaire, un astérisme singulier et culturel, faite de bousiers poussant leur étoile, l’auteur s’empare de la tradition égyptienne du dieu Khépri (« soleil en devenir »), à tête de scarabée qui, en faisant rouler devant lui le disque solaire, en assure le lever chaque matin. Le rôle des bousiers dans la dispersion/recyclage des excréments est en outre un double symbole écologique : d’une part cette fonction est quantitativement très importante à l’échelle des écosystèmes, d’autre part le poète fait de la boule de crotte l’image détériorée de la planète en crise environnementale. Le processus de condensation est schématisé comme suit :

L’approche écocritique

Ces deux lectures nous donne à réfléchir sur l’articulation entre la nature et la culture, le réel et le langage, la zoologie et la politique. Ces notions sont objets de l’écocritique née dans les années 70 et 80 en Amérique du Nord, dont Cheryll Glotfelty donne la définition suivante : « L’écocritique est l’étude des liens qui unissent la littérature à notre environnement naturel. Tout comme la critique féministe examine le langage et la littérature d’une perspective consciente du genre, tout comme la critique marxiste apporte une conscience des rapports de classe et des modes de production à sa lecture des textes, l’écocritique apporte une approche centrée sur la Terre dans les études littéraires. » (1996, traduit par Blanc et al., 2008).

La triple mimèsis selon Paul Ricœur

Ceci nous met sur la piste de la mimèsis, principe de représentation du réel dans la littérature. Il faudra toutefois rendre compte des différences très nettes de l’approche du monde animal à l’œuvre dans les deux recueils lus. Pour ce faire j’essaie de m’appuyer sur la triple mimèsis selon Paul Ricœur (dans la version simplifiée que m’aide à saisir le cours en ligne de Benjamin Douplat). Dans Temps et récit, Paul Ricœur met en rapport l’activité de raconter une histoire (principalement la mise en récit romanesque) et le caractère temporel de l’expérience humaine : « Le temps devient temps humain dans la mesure où il est articulé sur un mode narratif, et le récit atteint sa signification plénière quand il devient une condition de l’existence temporelle. » Il déploie pour cela le concept d’une triple mimèsis :

  • mimèsis I est le fait de savoir identifier les actions selon leurs structures élémentaires (leur sémantique, leurs médiations symboliques, leur temporalité, leurs règles) : cette étape nécessaire à l’élaboration d’un récit, est dénommée par Ricœur la pré-figuration du champ pratique ;
  • mimèsis II est la mise en forme de manière narrative et temporelle du récit de l’action (romanesque) : c’est la con-figuration du champ pratique ;
  • la mimèsis III est la re-figuration du champ pratique par le lecteur dans l’acte de lecture, étape qui achève de fixer la temporalité du récit (autrement dit, au fur et à mesure de la lecture, on reconstruit le déroulé des événements dans un champ pratique réaliste et intelligible).

Par analogie, je propose de considérer une triple mimèsis comme médiatrice de l’articulation entre nature et conscience environ-nementale chez le lecteur, la médiation n’en étant alors non pas le récit romanesque mais l’écopoétique, c’est-à-dire la figuration des signes naturels dans l’écopoème  :

  • mimèsis I serait la pré-figuration du champ naturel : identifier des signes du vivant est un prérequis à sa médiation en signes culturels, ainsi se produit la projection entre une partie du paysage extérieur et le paysage intérieur (sous le prisme de l’auteur en tant qu’humain, c’est-à-dire comme hominidé et comme individu : selon son Umwelt et selon son histoire individuelle [voir plus loin]) ;
  • mimèsis II serait la con-figuration en mots, au sein du paysage intérieur, des signes du vivant avec les signes culturel et en signes culturels ; elle est aussi la médiation culturelle entre champ naturel et champ politique ;
  • mimèsis III serait la re-figuration de l’expérience de la nature qui s’achève par la réception par le lecteur du texte ou de la performance poétique : elle ouvre sur l’horizon politique et développe l’écoconscience.

Très schématiquement, on peut superposer la poétique à l’œuvre dans le Tombeau de Jules Renard à la mimèsis I, celle à l’œuvre dans De l’abeille au zèbre à la mimèsis III, centrées sur la médiation par mimèsis II, l’écriture de l’écopoème — sachant que des boucles de rétroaction nourrissent ces deux étapes et que, par définition, chaque écopoème suit en réalité la progression complète du réel au lecteur.

Le continuum nature-culture

Même si elle est en plein essor en France (feu Michel Deguy, Jean-Claude Pinson, Marielle Macé, Michel Collot, Nicole Pignier…), le corpus de l’écocritique est principalement anglo-saxon, car développée très tôt en relation au nature writing : auteurs américains (Glen Love, Lawrence Buell, Dana Phillips, parmi de très nombreux) et canadiens (Stéphanie Posthumus, Gabriel Vignola, notamment — l’important article de 2017 de ce dernier a principalement nourri ce texte). Un des principes de l’écocritique est de réaliser un décentrement de la trop anthropocentrée critique littéraire vers l’étude des relations entre littérature et réel dans une perspective environnementale. Fondamentalement est mise en question la disjonction entre le texte et le référentiel (le réel) que le post-structuralisme pose comme axiome. Ricœur, par la triple mimèsis, progression du réel vers le monde du lecteur via une référentialité certes médiate et métaphorique, mais tout de même référentielle, se portait déjà en faux contre cette étanchéité de la littérature vis-à-vis du réel ― ce qui est, par construction, en cohérence avec le modèle d’écopoétique proposé ici.

La pertinence ou non de la notion de mimèsis a donc été discutée (âprement, à lire Gabriel Vignola) dans la perspective écocritique. Ainsi, Lawrence Buell a envisagé le concept de « outer mimesis », pour rendre compte de la projection d’une partie du paysage naturel (external landscape) sur le paysage mental (internal landscape). Il me semble que l’outer mimesis est ici mimèsis I. Vignola ajoute : « la correspondance entre paysages interne et externe repose avant tout sur une cosmologie ou, selon les termes de Buell, sur “le savoir traditionnel (folk) non officiel auquel quelqu’un a été exposé”, c’est-à-dire sur une façon culturellement construite de lire et de comprendre les relations composant le paysage extérieur. » On est frappé de voir combien Ivar Ch’Vavar, parfois, perçoit les bêtes du bord du chemin au prisme des traditions rurales de son enfance (cf. les mains de la taupe).

G. Vignola souligne l’apport récent au domaine de l’écocritique de l’écosémiotique. Elle se fonde sur la sémiotique de Charles Peirce, où les catégories de signes sont élargies à tout l’environnement (cf. ci-contre), plutôt que sur la théorie du signe de Saussure. Le signe n’y est plus la relation arbitraire et anhistorique entre un signifiant et un signifié (fondement d’une idéalité de la langue), mais est considéré comme à la fois porteur du réel et porteur de culture, résultat d’une bio-évolution avec sa part de contingence mais aussi de contraintes : historique, de milieu et même organique. En effet, à l’instar de tous les êtres vivants, la captation/catégorisation du monde naturel par l’être humain est médiée selon son Umwelt, c’est-à-dire selon la perception qu’il en a par ses organes des sens aux propriétés sélectionnées selon ses besoins vitaux par l’évolution. L’Umwelt de l’homme, vecteur de réalité prenant sa source dans la nature même, est à la fois déterminé par la bio-évolution des hominidés et culturellement construit ; nature et culture doivent donc se penser en un continuum (tel est l’apport fondamental de la biosémioticienne Wendy Wheeler [1949-2020]). G. Vignola résume : « Pour l’écosémiotique, la littérature est conçue comme une expérience de représentation du monde, dans le monde. Elle contribue bien entendu à l’extension infinie de la sémiose [le catalogue universel des signes interprétés], mais repose en même temps sur les bases pragmatiques d’un “monde transi de signes” [W. Wheeler], contribuant à en transformer et à en altérer l’agencement. »

Dans ce cadre, l’écopoète assume le double rôle d’agent de perception de la nature et de transformation de cette perception. La lecture-performance de l’écopoésie ouvre ainsi un horizon composite : perceptif et politique, inscrit dans un continuum de signes biologiquement déterminé et infiniment enrichi par la culture.

Philippe Jaffeux  :

La trace d’un hominidé conserve la nudité d’un  primate dans un aveu de la neige

Bibliographie sommaire

Blanc N, Chartier D, Pughe T. Littérature & écologie : vers une écopoétique. Écologie & politique, 2008;36:15-28.

Douplat B. Temps et récit de Paul Ricœur : la triple mimèsis – Notes de lecture.

Foster JJ, el Jundi B, Smolka J, Khaldy L, Nilsson D-E, Byrne MJ, Dacke M. Stellar performance: mechanisms underlying Milky Way orientation in dung beetles. Phil Trans R Soc 2017;372:20160079.

Glotfelty et Fromm (dir.). The ecocriticism reader. Univ. of Georgia Press, Athènes & Londres, 1996.

Vignola G. Écocritique, écosémiotique et représentation du monde en littérature. Cygne noir, 2017;5:11–36.